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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 00:41

soie-alessandro-baricco.jpg

 

Résumé (quatrième de couv)

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes , une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissus magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

 

J'ai mis beaucoup de temps à donner un avis sur ce livre, que j'ai lu assez rapidement il y a quelques semaines, d'abord parce que je n'ai pas vraiment l'habitude de la littérature contemporaine, et ensuite parce que même s'il est très court, je l'ai trouvé très beau, magnifiquement écrit, plein de poésie et de charme, et je voulais me laisser du temps pour en faire une chronique au moins satisfaisante.

 

On a ici affaire à une narration légère, intangible, qui crée une certaine distance avec l'histoire et les personnages, une étrange absence d'émotion dans l'écriture alors que paradoxalement elle est le récit de la naissance d'un émoi. Cela nous donne l'impression d'être simples spectateurs du récit, d'assister à la vie d'Hervé tout comme il le fait lui-même. Cette narration distanciée nous raconte donc en filigrane le déchirement d'un amour informulé, léger, fin comme un fil de soie.

 

L'écriture a parfois presque la qualité d'un poème en prose, une écriture presque chantante avec la répétition de certains passages parfois assez longs, qui participent de cette impression d'absence d'émotion. Certaines phrase ou certains paragraphes reviennent ainsi régulièrement, comme une litanie, qui tourne, parfois avec d'infimes variations, et en même temps transporte, puisque quelques-uns de ces passages comme le voyage de Hervé jusqu'au Japon, puis son retour, répétés plusieurs fois presque à l'identique, malgré leur apparente trivialité m'ont paru très poétiques et joliment rythmés.

 

Cette distance se fait sentir aussi au niveau des personnages, sur lesquels on n'apprend finalement que peu de choses, en tout cas directement. Les sentiments, y compris l'amour qui naît entre Hervé et l'inconnue sont plus suggérés par touches que véritablement explicités. On peut noter une opposition discrète entre la belle inconnue du Japon, celle dont on n'apprend jamais le nom, dont on n'entend jamais la voix, et Hélène, l'épouse d'Hervé, et l'accent qui est mis sur sa voix, comme une manière de la rendre plus tangible que la femme du Japon.

 

Bref, un roman très court, tout en légèreté et en poésie, mais qui mérite une relecture, plus attentive, pour saisir toutes les subtilités de l'écriture d'Alessandro Baricco. En tout cas une très belle découverte, qui me donne envie de poursuivre avec d'autres oeuvres de cet auteur.

 

Extrait:

« Hervé Joncour partit pour le Japon aux premiers jours d'octobre. Il passa la frontière près de Metz, traversa le Wurtemberg et la Bavière, pénétra en Autriche, atteignit par le train Vienne puis Budapest et poursuivit jusqu'à Kiev. Il parcourut à cheval deux mille kilomètres de steppes russes, franchit les monts Oural, entra en Sibérie, voyagea pendant quarante jours avant d'atteindre le lac Baïkal, que les gens de l'endroit appelaient: le dernier. Il redescendit le cours du fleuve Amour, longeant la frontière chinoise jusqu'à l'Océan, et quand il fut à l'Océan, resta onze jours dans le port de Sabirk, en attendant qu'un navire de contrebandiers hollandais l'amène à Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. Ce qu'il trouva, ce fut un pays plongé dans l'attente désordonnée d'une guerre qui n'arrivait pas à éclater. »

Par Minidou - Publié dans : Divers
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 16:24

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Résumé:

Harry Dresden est un sorcier. Une étiquette difficile à porter à Chicago, où personne (chez les gens normaux, en tout cas) ne croit à la magie. Malgré tout, Dresden fait commerce de ses talents pour gagner son pain, et travaille occasionnellement avec le lieutenant Karrin Murphy, chef des SI (Special Investigation), qui enquête sur des crimes inexpliqués et souvent inexplicables. Cette fois, Harry a du pain sur la planche: une femme lui demande d'enquêter sur son mari disparu, et dans le même temps, Murphy a besoin de lui pour élucider un double meurtre particulièrement violent. Par dessus le marché, la vie de Dresden est en danger: le conseil Blanc, la haute instance des sorciers, s'acharne à prouver qu'il est l'auteur des crimes... et le véritable meurtrier, sentant Harry sur ses traces est bien décidé à l'éliminer.

 

A l'affût de séries TV sympa pour m'occuper pendant les vacances, je suis tombée presque par hasard sur la mini-série The Dresden Files, une seule saison, 13 épisodes, que j'ai regardé assez rapidement. J'ai trouvé tout cela fort sympathique, avec un petit goût de Supernatural, de l'humour et des personnage attachants J'ai donc aussitôt entamé le premier tome, en sachant à peu près à quoi m'attendre, mais en remarquant assez rapidement que beaucoup d'éléments différaient du livre à la série. Qu'à cela ne tienne, tous deux offrent de toute façon un excellent moment de divertissement.

 

Pour commencer, Harry Dresden est un héros vraiment attachant, car en dehors du fait qu'il soit un sorcier, il n'a rien de vraiment exceptionnel. D'abord, il est toujours fauché, pas forcément plus courageux ou plus solide qu'un autre, et doit sans cesse faire face au scepticisme des gens qui ignorent tout du monde surnaturel, et se contentent de le prendre pour un charlatan, quand ce n'est pas simplement pour un toqué. Il est le narrateur de l'histoire, et cela rend l'ensemble très agréable, car c'est un personnage qui manie avec brio l'ironie et le sarcasme. On peut noter également qu'il reste rarement indifférent à un joli minois (nombreux tout de même dans l'histoire) et il y a un côté très mignon dans sa galanterie un peu vieux jeu (ce qu'il admet lui-même.)

 

Les personnages secondaires que l'on voit à travers le regard de Dresden sont tout aussi sympathiques, en particulier les personnages féminins. Ce qui rend assez drôle d'ailleurs le côté chevaleresque de Dresden, car en général les femmes ne sont pas de simples potiches: Susan est journaliste et parvient assez facilement à mener Dresden par le bout du nez. Quant à Murphy, on ne peut s'empêcher de l'apprécier, avec son côté volontaire, combattif, du genre qui ne lâche rien. La relation assez complexe qu'elle entretient avec Dresden est intéressante, dans la mesure où il est un collaborateur utile, auquel elle fait confiance, mais où il répugne en même temps à l'impliquer dans des affaires surnaturelles, en tant que simple civile. Cette volonté de Dresden de protéger Murphy contre sa volonté risque fort de provoquer des étincelles entre les deux personnages, car il faut bien dire que Murphy a un caractère assez explosif.

 

L'intrigue policière est, en soi, sans vraiment de surprise. On suit deux enquêtes de Dresden, apparemment sans lien au début mais qui finissent par se recouper. La tension est ajoutée par la menace que cette enquête fait peser sur Dresden, et la résolution de l'affaire devient rapidement une course contre la montre haletante. De plus, outre cette enquête, se met en place une toile de fond qui se construit autour de l'histoire personnelle de Harry Dresden, son passé trouble, qui demeure assez obscur, même vers la fin (mais qui devrait être exploré un peu plus profondément par la suite, je pense) et ses démêlés avec le conseil Blanc, qui de toute évidence ne le porte pas dans son coeur. (d'ailleurs Morgan, le gardien de Harry que je trouve dans la série assez charismatique est ici loin d'être une lumière, ce qui peut s'avérer assez dangereux pour notre ami sorcier...)

 

J'ai bien aimé aussi l'idée de la magie qui tire son énergie de la vie et des émotions, et tous les détails que Harry nous donne à ce sujet (et je suis complètement accro dans la série à la crosse de hockey et la baguette de batteur XD). Les formules en pseudo latin sont par contre un peu ridicules.... mais bon, on pardonne =p!

 

J'ai juste été déçue par le personnage de Bob, dont je suis absolument fan dans la série (c'est d'ailleurs le personnage qui m'a fait continuer après les premiers épisodes, parce que je n'accrochais pas trop au début) et qui est ici beaucoup plus « transparent » (non, ce n'est pas un jeu de mot sur le fait que dans la série il soit un fantôme et ici un esprit) avec une personnalité certes drôle (un esprit coureur de jupons, quand même...) mais pour l'instant beaucoup moins creusée, et un rôle très très secondaire. Pas qu'il ait non plus un rôle faramineux dans la série, mais au moins, il a une certaine présence que n'a pas celui du livre. Mais encore une fois, peut-être que cela sera un peu plus développé dans la suite.

 

En dehors de ce petit détail, j'ai globalement bien apprécié cette première incursion dans l'univers livresque de Harry Dresden, certes sans trop de surprise pour l'instant, mais divertissant, plein de rebondissements et d'humour et j'ai entamé dans la foulée le tome 2!

Par Minidou - Publié dans : Butcher, Jim
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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 00:13

 

enfant-de-la-prophetie.jpg

 

Résumé (quatrième de couv')

Jack est apprenti au château Harvell. Orphelin exploité et maltraité, il mène une triste existence. Mais il découvre qu’il possède des pouvoirs magiques interdits et il est contraint de fuir. Son chemin croise celui de Melliandra, fille rebelle du plus riche seigneur du royaume. Traqués, perdus, les deux adolescents sont le jouet des machinations du redoutable Baralis, le chancelier du roi. Ce dernier, après avoir empoisonné son souverain, maintient le royaume dans une guerre fratricide afin d’usurper le pouvoir. Mais, aux confins du royaume, un des derniers chevaliers de Valdis est demeuré intègre : le preux Taol parcourt le monde connu à la recherche de l’enfant annoncé par la mystérieuse prophétie de Marod.

 

Comment dire... une petite déception pour ce livre que j'ai eu un peu de mal à terminer, malgré le fait qu'il ne soit pas très long et pas vraiment difficile à lire Pour commencer parce que le livre manque parfois d'originalité dans son intrigue (une prophétie et un enfant orphelin qui se découvre des pouvoirs extraordinaires) et ce premier tome qui met en place les personnages, les enjeux et les rapports de force entre les personnages ne nous apprend finalement pas grand chose de plus.

 

Il démarre plutôt bien pourtant, on fait des les premières pages la connaissance du personnage un peu ambivalent de Baralis et de ses manoeuvres autour de la famille royale, le portrait, la place et les relations des personnages principaux sont assez vite mis en place... mais une fois tout cela fait, l'histoire retombe un peu comme un soufflé. L'intrigue générale avance relativement lentement, et de façon assez confuse (ou alors c'est moi qui ai eu du mal à me concentrer sur l'histoire, mais à part voir Jack et Melli se sauver puis être repris puis se sauver à nouveau, les personnages au château donner des coups d'épée dans l'eau et Taol patauger dans une quête dont on connaît déjà le but de toute façon, je n'ai pas retenu grand chose de l'avancée générale de l'intrigue...). De plus certaines réactions sont parfois assez peu crédibles (par exemple, lorsque Jack découvre ses pouvoirs, la seule chose qu'il trouve à faire, c'est tourner les talons et partir sans rien emporter avec lui.) ou parfois tellement caricaturales qu'elles frôlent le ridicule (j'ai été marquée par exemple par le procès sommaire de Melli que j'ai trouvé... vraiment expéditif (y compris au niveau de l'écriture...) et qui du coup m'a donné envie de rire, ou encore par le retour miraculeux du père de Taol, juste au moment où on avait besoin de lui...)

 

Cette relative lenteur de l'intrigue pourrait tout de même passer assez bien si elle était portée par des personnages attachants, ce qui est loin d'être le cas. De toute évidence l'auteur a voulu éviter le manichéisme en donnant surtout la part belle à des personnages sombres, antipathiques, manipulateurs. Sauf que ce n'est pas fait avec le brio d'un George R.R. Martin, par exemple. Le résultat est que les personnages principaux sont certes loin d'être de grands gentils, mais souvent assez peu fouillés au point de frôler la caricature (comme Maybor qui ne pense qu'à se donner du bon temps avec toutes les domestiques qui passent à sa portée (lesquelles étrangement sautent toujours dans son lit avec bonheur et sans arrière pensée aucune...) ou encore l'exemple type, Tavalisc dont chacune des apparitions suit un schéma identique: le personnage est en train de manger, son assistant arrive avec des nouvelles et Tavalisc lui joue un mauvais tour mesquin digne au mieux d'un gamin mal élevé. Et je n'ai pas eu l'impression de voir de nuance chez ce personnage ignoble et sadique.) Parmi ces personnages, le plus ambivalent est encore Baralis, car même s'il est franchement antipathique, le fait de connaître certains aspects de son passé, de lui trouver certaines faiblesses nuance un peu le personnage (et encore, c'est assez ténu, tout de même...)

 

Et ce sont malheureusement ces personnages antipathiques qui restent en mémoire parce que le héros est loin d'être marquant (tellement peu que j'oublie systématiquement son prénom, d'ailleurs. Pourtant, Jack, ce n'est pas bien difficile à retenir!) Le personnage est donc relativement effacé, transparent, passif. Il ne sait pas qui il est, ce qu'il doit faire, où aller, que penser de sa magie... au début, la haine qu'il semblait avoir pour son père inconnu lui donnait au moins un peu de relief, mais il perd même cela assez vite dans l'histoire. Mon impression générale est que le personnage passe beaucoup de temps à se poser des questions sans pour autant avancer pour chercher des réponses. Melliandra, la fille rebelle a déjà un peu plus d'épaisseur, en raison de son statut et de son caractère, mais elle reste tout de même relativement naïve (un peu moins vers la fin, heureusement). Enfin, le chevalier Taol est peut-être le personnage le plus intéressant, puisque l'on assiste à son périple à la recherche de l'enfant de la prophétie, tout en découvrant petit à petit son passé un peu trouble, l'espèce de colère sous-jacente qui bouillonne en lui et le doute qui s'insinue peu à peu dans son esprit sur l'ordre des chevaliers dont il fait partie. (Enfin, j'ai bien aimé le personnage de Chipeur qu'il rencontre dans la dernière partie du livre.)

 

Bon, je râle beaucoup, mais il y a quand même certains aspects que j'ai aimés dans ce livre, des éléments sympathiques, voire franchement amusant ou un peu cynique: il est très drôle par exemple de voir Baralis et Maybor tenter sans arrêt de s'assassiner mutuellement. Ou encore des schémas que l'on finit par attendre, comme les bruits de cour et les commérages portés par deux personnages récurrents mais très secondaires, Finaud et La Bousille, deux gardes qui commencent toujours par parler femmes avant d'évoquer les affaires du château. Ces interventions récurrentes ne nous font pas toujours énormément avancer, mais sont toujours assez drôles à lire. Enfin, à un autre niveau, j'ai apprécié de voir le fonctionnement de la magie, une force dangereuse, parfois incontrôlable et épuisante à utiliser avec beaucoup de précaution. J'aurais par contre aimé que les particularités des pouvoirs de Jack soient un peu plus explicitées.

 

Bref, ce premier tome ne m'a pas vraiment convaincue, j'ai froncé le nez à plusieurs reprises à la lecture, mais sur la fin, cela commence à bouger un peu, les dernières pages nous laissent sur notre faim et on peut supposer que la suite sera plus intéressante (j'ai vu une critique sur Elbakin qui laisse entendre qu'il ne faut pas s'arrêter au premier tome, donc je vais peut-être me laisser tenter par le tome 2 malgré tout, en VO certainement en tout cas.)

 

Dix-neuvième livre lu dans le cadre du challenge God Save the Livre

Challenge-anglais

 

et septième livre lu dans le cadre du challenge ABC Fantasy/Bit-lit

Challengeabc2011copie

 


 

Par Minidou - Publié dans : Jones, Julie Victoria.
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 23:19

Fool's Fate

 

Résumé:

Voilà enfin Fitz embarqué dans l'expédition du Prince Devoir, qui prend la direction de l'île d'Aslevjal, pour tuer le dragon Icefyre et obtenir la main de la Narcheska Elliania. Partagé entre sa loyauté à Umbre et aux Loinvoyant, et son amitié pour le Fou, qu'il a laissé derrière lui contre son gré, Fitz ignore encore quelle sera sa décision: aider le Prince Devoir à tuer le dragon, ou au contraire accomplir ce que le Fou attend de lui, libérer Icefyre, et permettre à la race des dragons de renaître?

 

Une conclusion magistrale à une saga magistrale (inutile de dire que c'est un coup de coeur pour moi, ça me semble évident =p). Ce pavé voit enfin la fameuse quête de Devoir, l'accomplissement du destin du Fou (pas pour rien que le livre s'appelle Fool's Fate, quand même!) et la réponse à certaines questions qui se posaient depuis déjà un certain temps (tout en en laissant d'autre en suspens, pour continuer à faire cogiter le lecteur, même une fois la dernière page tournée ^^)

 

Dans ce tome très riche (et volumineux) on alterne entre des passages certes un peu longuets, et d'autres où l'action est plus présente. La division des tomes français m'a donc paru assez hasardeuse, car elle rompt une continuité qu'il me paraît risqué de briser. D'autant que la fin, la résolution de toutes les questions, prend quand même un certain temps (à un certain moment on a l'impression d'arriver à la fin et d'approcher de la conclusion avant de se rendre compte qu'il reste encore un bon tiers du livre à lire... et qu'il peut encore se passer plein de choses!)

 

Parce qu'il s'en passe des choses, dans ce dernier tome! Il démêle beaucoup d'intrigues qui étaient déjà posées depuis le premier cycle, à commencer par les agissements de la Femme Pâle, ce qui arrivait réellement aux forgisés et ce qui motivait la guerre des Pirates Rouges, mais également en ce qui concerne Fitz sur le plan personnel, c'est-à-dire son histoire avec Molly, Burrich et Nettle, qui finalement était en suspens de façon un peu inextricable depuis la fin du premier cycle.

 

J'ai d'ailleurs beaucoup aimé dans cette histoire le rôle un peu étrange et aléatoire de Thick, qui fait en quelque sorte le lien entre Fitz et Nettle, à la fois source de conflit entre le père et sa fille, mais également celui qui permet à Fitz d'avoir un certain contact avec elle, qui sert de façon un peu inconsciente d'intermédiaire, même lorsque les deux personnages pour une raison ou pour une autre, ne peuvent plus communiquer. J'ai trouvé très touchante la relation qui s'installe entre Thick et Nettle, uniquement au travers des rêves et de l'image biaisée qu'ils se font l'un de l'autre. La quasi-vénération de Thick pour Nettle est adorable! Même si Nettle elle-même est parfois exaspérante, mais plutôt dans le sens où elle a un caractère assez flamboyant. En ce sens, c'est la digne fille de Molly!

 

Je parle beaucoup de Thick, mais il s'est avéré être l'un des personnages qui m'ont le plus marquée, malgré son rôle finalement assez secondaire dans les évènements. J'ai vraiment trouvé ce personnage magnifiquement traité par Robin Hobb, un personnage de simplet qui n'est pas juste traité comme un idiot, mais dont il faut vraiment s'efforcer de saisir le cheminement de pensée, dans la tête duquel on est obligé de se mettre pour comprendre ses réactions. Son comportement autistique, son côté buté et obstiné, qui semble incompréhensible mais s'accorde simplement à sa façon particulière de voir le monde est retranscrit avec beaucoup de justesse, tout comme les réactions de Fitz face à cette attitude. J'aime beaucoup les efforts que fait Fitz pour essayer d'appréhender le comportement de Thick et l'affection qu'il a malgré tout pour le personnage. Malgré quelques difficultés à certains moments (notamment avec le mal de mer de Thick qui finit par devenir chez lui une obsession qui le pousse à des réactions extrêmes) il y a un dialogue entre les deux personnages tout particulièrement, et un aveu de Thick qui est touchant de simplicité et de sincérité et m'a fait venir les larmes aux yeux!

 

Puisqu'on en est aux relations entre les personnages, comment ne pas parler du duo phare non seulement de ce tome-ci, mais de la saga en général, à savoir la relation éminemment complexe du Fou et de Fitz. J'ai trouvé que, dans ce tome en particulier, on voyait à quel point leur amitié avait quelque chose de douloureux, dans la mesure où ils savent tous les deux qu'ils vont être obligés de se faire souffrir à un moment où à un autre, mais que leur relation résiste tout de même à toutes les épreuves qu'ils traversent (et vu tout ce qui leur arrive, c'est assez miraculeux!).[spoiler]Tout particulièrement, ce constant déchirement de Fitz, qui sait que le Fou va devoir mourir, mais également qu'il trahira son ami s'il lui sauve la vie suscite une des plus grandes tensions de ce tome. La détresse du Fou, lorsque Fitz le ramène à la vie brise le coeur, au point que l'on se demande parfois s'il a bien fait, mais le moment où le Fou rend à Fitz ses souvenirs est chargé de la même ambiguïté, à la fois malédiction et bénédiction, si l'on peut dire.[/spoiler] Je trouve que ces deux points culminants sont très représentatifs de la relation entre les deux personnages, à la fois forte, mais teintée d'amertume, très belle, nécessaire, mais souvent douloureuse.

 

Parmi les autres choses que j'ai aimé dans ce tome, la découverte des îles de la Narcheska, et le fonctionnement de sa société ont été le gros point fort de la première partie, assez longue. J'ai apprécié également le mystère entourant le comportement d'Elliania et de Peottre, leur obstination à vouloir la mort d'Icefyre, contre toutes les convictions, et même contre l'interdiction de leur propre peuple. On devine qu'il doit y avoir quelque chose de grave là dessous et effectivement, leurs motivations sont finalement assez tragiques. En revanche, j'ai regretté l'effacement relatif des vifiers, notamment de Web dont j'étais tout simplement tombée amoureuse à la fin du dernier tome et qui finalement reste relativement égal à lui-même dans ce tome ci. Swift, en revanche gagne beaucoup en maturité au cours de ce tome, et on voit se construire petit à petit entre lui et Fitz le même genre de lien qui s'était tissé au début entre Fitz et Devoir.

 

D'une manière générale, ce dernier tome est très riche en émotions, bonne ou mauvaises. Certains personnages ne survivent pas à l'aventure, parfois de façon un peu trop opportune (ceux qui l'ont lu devineront sans doute de qui je parle... même si j'ai versé ma larmichette quand même, là n'est pas la question, et même si c'était nécessaire pour débrouiller certains noeuds de l'intrigue...) mais la fin donne l'impression d'une véritable bouffée d'oxygène. Tout comme pour le premier cycle, on a l'impression d'avoir retenu son souffle pendant toute la saga et de pouvoir enfin le relâcher à la fin (pour de vrai, cette fois!). La dernière page tournée, c'est le festival des émotions contradictoires, on a un petit sourire aux lèvres sur les dernières lignes et en même temps envie de pleurer, parce que c'est touchant, simple, beau... et fini! (j'ai exactement le même sentiment à la fin du Seigneur des Anneaux, j'ai beau l'avoir lu un nombre incalculable de fois, je fonds toujours en larmes à la fin du Retour du Roi XD. )

 

Bref, ce tome, et l'ensemble de la saga est un énorme coup de coeur, qui justifie que Robin Hobb ait rejoint mon panthéon des auteurs de Fantasy dès la lecture du premier tome de l'Assassin Royal (c'est au point que j'ai envie de recommencer illico toute la saga depuis le début!) Même si certains passages sont parfois longs ou plus introspectifs, on est toujours emporté par l'histoire, avec ses personnages attachants et extraordinairement travaillés, et ses intrigues originales et son univers parfaitement crédible et détaillé. Ce dernier tome conclut donc magnifiquement une saga admirablement menée de bout en bout!

 

Une lecture faite dans le cadre des lectures communes organisées par Ptitetrolle, sur les trois derniers tome, en VF, avec:


Ptitetrolle

 tome 11 - tome 12 - tome 13


Niënor

 tome 11 - tome 12 - tome 13


Frankie

 tome 11 - tome 12 - tome 13

 

Iani

 tome 11 - tome 12 - tome 13


Julien le naufragé

 tome 11 - tome 12 - tome 13


Par Minidou - Publié dans : Hobb, Robin
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 19:04

chat-qui-pelote.jpg

 

Résumé:

Le jeune Théodore de Sommervieux, artiste peintre, est éperdument amoureux d'Augustine, la fille du marchand drapier, dont il a fait le portrait à son insu. Il la courtise, gagne son coeur, tant et si bien que son père, monsieur Guillaume, consent à donner la main de sa fille au jeune peintre. Mais cette passion fondée sur un idéal semble malgré tout bien fragile.

 

Et une petite nouvelle de Balzac pour faire une pause entre deux livres de fantasy. Depuis le temps que ma maman me dit de lire La maison du Chat-qui-pelote, c'est chose faite, et comme Balzac me déçoit de toute façon rarement (on peut même dire jamais, en tout cas pour ce que j'en ai lu) j'ai beaucoup apprécié cette lecture.

 

Il s'agit donc d'une nouvelle assez brève, qui au début s'annonce au début comme une simple romance mais s'avère finalement être le récit tragique d'une passion éphémère. Balzac nous dépeint ici la rencontre improbable de deux milieux dont les idéaux ne sont pas faits pour s'accorder: celui de la famille Guillaume, commerçants aux principes terre à terre, et celui de Théodore de Sommervieux, jeune artiste passionné et idéaliste.

 

Dans ce récit assez court, mais qui retrace néanmoins efficacement le destin de la jeune Augustine, Balzac à travers ses descriptions de la vie et du caractère de ses protagonistes nous dépeint en peu de pages l'ascension puis la descente aux enfers de madame de Sommervieux. La brièveté du texte et la narration nous donnent l'impression d'une chute inexorable et inévitable, malgré tous les efforts d'Augustine pour essayer de ramener l'amour dans son ménage. J'ai eu à la lecture une réminiscence de la princesse de Clèves dans l'image de cette jeune femme qui reste vertueuse malgré la douleur que cela engendre (même si les deux héroïnes sont confrontées à des problèmes bien différents, voire complètement antithétiques, évidemment.)

 

On peut noter également dans cette nouvelle le contraste rapidement évoqué, mais qui donne plus de force au drame et à la morale de l'histoire, entre le destin des deux soeurs Guillaume, l'aînée mariée à un homme de sa condition, vivant un amour serein qui se construit sur la durée et ne faiblit pas, et la cadette, qui connaît une passion, violente au début mais qui finit par décliner. Cette nouvelle nous raconte finalement l'histoire d'une désillusion, d'une passion idéalisée et aveugle puis de la connaissance de l'autre qui tue l'amour. Balzac montre ici la rencontre impossible entre l'univers étroit du commerce et celui, idéalisé, de l'artiste qui ne peuvent s'accorder d'aucune manière, parce qu'évoluant dans des sphères de pensée bien trop différente.

 

Bref, bien que très courte, cette nouvelle de Balzac est malgré tout très riche, dépeignant avec beaucoup de précision et parfois d'humour les moeurs du milieu commerçante de son époque, et cet espèce de « choc des cultures » qui survient lorsque deux milieux aux idéaux différents se rencontrent et tentent de s'accorder. 

Par Minidou - Publié dans : Balzac, Honoré de
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